Fanfiction Warcraft III

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Les Pierres Sacrées De Pavlakis

Par Farotilatez

Chapitre 1 : Un conseil mouvementé

Chapitre 2 : Les Cinq Pierres du Pouvoir Absolu

Chapitre 3 : Le chemin vers Havalok

Chapitre 4 : En route vers Poldent

Une inhabituelle effervescence règne à Tahn-Bazoot, cité ordinairement calme et paisible située au nord du territoire Elfe dans la région boisée du Grand Chêne. En effet, aujourd'hui, cette ville organise le Hiawatha -le congrès annuel inter-race - où sont réunis les chefs des trois peuples alliés : les Humains, représentés par leur chef Tibor-Le-Musculeux, adulé dans son fief depuis qu'il a mené son armée à la victoire il y a de cela de nombreuses années déjà dans la campagne contre les tribus Ogres. Est aussi présent, Sataria, le brutal chef Orc, connu pour ses méthodes répréhensibles envers ses détracteurs et enfin, l'hôte de cette assemblée, Kitonos, chef Elfe, renommé pour sa perspicacité et son sens tactique au combat.

Ce conseil a lieu à chaque fois dans une ville et un territoire différent ; cette année, c'est au tour des Elfes d'organiser la réunion ; et les trois chefs sont d'accord qu'ils préfèrent l'atmosphère pure et tranquille d'une cité en plein milieu d'une forêt, plutôt qu'une grande métropole militaire bruyante et mal odorante comme Hiltibad, place forte humaine, où s'était déroulé le conseil l'an passé.

Le Hiawatha est très attendu par les dirigeants car il permet de faire le point sur la situation commerciale, politique et militaire du pays de Khahéon. Les chefs sont évidemment assistés par leur meilleur lieutenant.

Après trois jours de débats soporifiques sur les accords d'échanges de ressources et de plans communs de recrutement et d'entraînement de la future Tri-Coallition militaire, le conseil touche à sa fin. Il reste un seul sujet épineux a traité : les Monts Okos. Les rapports entre Orc et Humains se sont tendus depuis que ces derniers soupçonnent Sataria de vouloir s'approprier les Monts Okos, qui cacheraient d'intarissables mines d'Or. Sataria, lui, prétend que ce territoire appartient depuis des millénaires à son peuple et qu'il est temps que Tibor le lui rétrocède...

- Mensonges ! hurle Tibor, en tapant du poing sur la table, ce territoire a été conquis dans un bain de sang par mes ancêtres et je ne cèderai pas un pouce de terrain, chef Tauren !

- Un bain de sang...Pff...C'est mon peuple qui a laissé ce terrain à votre tribu décadente...Et un Nain Roi De La Montagne ne m'a jamais traité de menteur, même fût-il chef de Race ! , menace Sataria de sa voix rauque.

- N'oublie pas, chef Orc, rétorque l'Humain, que si mes ancêtres n'avaient pas été là pour aider ton peuple arriéré, ton ethnie aurait disparu ! Et en guise de bonté, ils nous ont laissé les Monts Okos, symbole de notre victoire ! Cette terre est à nous, à nous !

Tout cela se passe sous les yeux de Kitonos, le chasseur de Démons, impassible depuis le début de la houleuse discussion. Il semble soucieux et ailleurs depuis deux jours. Les lieutenants des trois chefs, fort de leur expérience, l'ont remarqué et savent qu'ils se trament quelque chose d'anormal.

Soudain Sataria se lève et empoigne par le col le costaud Tibor. C'est alors que Kitonos sort de sa réserve :

- Assez ! Assez de ces querelles ! » Crie-t-il, excédé.

Les deux hommes se rassoient aussitôt non sans se lancer un regard à vous nouer l'estomac. Kitonos le sait, c'est de l'intimidation...Il prend la parole :

- Mes amis, ces questions de frontières n'ont aucune importance à mes yeux. Nous vivons en paix depuis des années mais cette quiétude est fragile. Je pressens un grand malheur...

- Tu veux parler des Mort-Vivants ! S'étonne Sataria, mais ils se tiennent tranquille depuis la bataille du Lac Bleu !

La Bataille du Lac Bleu fut le plus sanglant affrontement de ces dernières décennies : les Mort-Vivants, innombrables, car aidé par les forces de Northrend, avaient bien failli anéantir le royaume Humain, au sud-est de l'état Elfe. Il fallut l'aide de la coalition des Orc et des Elfes pourtant neutres au départ pour arrêter le massacre...

Kitonos continue :

- Il y a des concentrations de troupes Mort-Vivants à la frontière Elfe depuis quelques jours...Nos postes les plus avancés sont sur leur garde ...

- Bah ! Rien de grave ! Des rassemblements de tribus comme d'habitude ! Vraiment pas de quoi t'inquiéter ! Tu es trop méfiant, Kitonos ! , répond Tibor, à présent plus calme.

- Mmmh...Je ne partage pas ton enthousiasme, Tibor...Un de nos poste avancé à découvert il y a deux jours une Goule qui traînait à l'intérieur de nos lignes.

- Mais cela arrive parfois ! Mes hommes en attrapent quatre ou cinq tous les ans qui viennent nous espionner ! On les torture et on les laisse agoniser dans nos oubliettes ! dit Sataria dans un rire gras et cynique.

- Oui, mais cette Goule était très particulière...Elle a terrassé un de nos trois archers venus pour la tuer...

- Comment ? s'exclamèrent stupéfaits les 2 autres chefs, impossible ! »

Puis Kitonos jeta un regard vers un de ses Wisp qui acquiesça. Le Wisp sorti de la salle et revint quelques instants plus tard :

- Regardez, dit l'Elfe.

Et le Wisp fit rentrer les deux archers survivants ; ils sont dans un état méconnaissable, le visage lacéré et des morsures profondes partout. Tibor et Sataria sont atterrés : comment une seule Goule a-t-elle pu faire autant de dégâts ?

- Mais pourquoi ne les soignez-vous pas ? s'interroge Sataria, figé dans son fauteuil à la vue de ce spectacle, une potions de soins à chacun et il n'y paraîtra plus !

- Comme je te l'ai dit, cette Goule était très particulière, en plus de sa force étonnante, à chaque morsure, elle injecte un poison qui tue lentement...

- Comme les Abominations ?

- Pire que ça...Les effets ne se sont toujours pas dissipés...s'attriste Kitonos

- Et le cadavre de la Goule ? Où est-il ? , demande le Roi de la Montagne

- Les druides l'étudient, ils pensent trouver bientôt l'origine de cette si étrange Goule...

- Mais comment se fait-il que cette Goule ait muté ainsi ?

Kitonos ne répond pas...S'en suit un long silence. Pendant que le Wisp fait sortir les archers, un Druide-Ours rentre dans la salle, s'approche de Kitonos et lui parle à l'oreille. Soudain le regard du chef Elfe change et devient très grave :

- Je le savais ...

- Vas-tu nous dire enfin ce qu'il se passe ! s'impatiente Sataria.

Doucement, Kitonos se lève et commence à narrer une histoire :

- Il était une fois les cinq Runes de la Cité de Berbakan...
L'ambiance est lourde dans la salle de débat du Hiawatha. Les personnes présentes écoutent religieusement l'histoire de Kitonos Le Grand :

- Il y a bien longtemps, Berbakan était une ville prospère, elle était la cité la plus riche de tout le Lordaeron ! La province de Berbakan appartenait à un Archimage Humain, Pavlakis, considéré comme un dieu par son peuple. Mais son territoire faisait des envieux, surtout du côté des Orcs. Depuis longtemps, ce belliqueux peuple faisait la guerre aux Humains, ces guerriers étaient plus nombreux qu'eux, mais ils se heurtaient sans cesse à leurs redoutables bataillons d'Elémentaires de l'eau mais aussi et surtout à leur Griffons et à leur Gyrocoptères, car tu le sais aussi bien que moi Sataria, le point faible des Orcs, c'est leur puissance aérienne...

- Oui, oui, grommela le chef Orc agacé, mais continue ton histoire...

L'Elfe reprit :

- Les batailles étaient plus sanglantes les unes que les autres et faisaient de très nombreuses victimes dans les rangs Grunts, pourtant excellents guerriers. Les Humains non plus n'étaient pas épargnés et perdaient nombre de leurs vaillants combattants.

Pavlakis voulait à tout prix défendre son peuple jusqu'à son dernier souffle, et sentant que sa fin était proche car il était très vieux, il réunit un jour son Conseil, fait de Prêtres aguerris, et décida de déchaîner le Pouvoir Absolu sur ces ennemis... Et j'en viens donc à ses fameuses Runes. Pavlakis, rusé et expérimenté Archimage, avait créé dans le plus grand secret avec quelques confrères dont il avait la plus grande confiance, cinq pierres magiques contenant chacune un pouvoir principal : la Force, la Résistance, la Guérison, la Richesse et enfin la plus mystérieuse, la Rune de Magie, capable de renforcer la magie de la Race qui la détient. Pavlakis savait que quiconque possédait ces pierres, devenait pratiquement invincible. Mais alors pourquoi ne les a-t-il pas utilisé auparavant, allez-vous me dire ? Car Pavlakis connaissait mal leur force et s'était dit qu'il ne les utiliserait qu'en dernier recours.

Le moment était venu...

Pavlakis donna une pierre à chacun de ses meilleurs Héros et garda la Rune de Richesse, qui permet d'accélérer le recrutement des soldats, et celle de Guérison, capable de soigner des bataillons entiers...

Le meilleur Roi de la Montagne, évidemment chef de l'armée d'attaque, pris la Rune de Force, et tout d'un coup, ses régiments, fait de Fantassins, de Chevaliers et de Mortiers, furent entourés d'une aura de force. Le Héros commandant l'armée de défense, un Paladin, fit de même avec la Rune de Résistance et le même spectacle apparu dans les bataillons de Tireur Nains, de Gyrocoptères et dans ceux de Griffons.

Pavlakis donna la pierre magique de Magie à son fils, un jeune Archimage appelé plus tard, si la bataille finale débouchait sur une victoire bien entendue, à devenir le nouveau Roi.

Cela faisait quelques jours que des divisions de Char à Vapeur, escortées par des escouades de Fantassins, agressaient les postes avancés Orc pour ralentir leur préparation à la bataille. Mais quand ces éclaireurs revenaient, tous étaient unanimes : il y a des Orc à perte de vue...La bataille n'est pas gagnée d'avance...

Le jour J arriva. Dans une grande plaine s'étaient regroupées les deux races, prêtes à en découdre une dernière fois. Le combat promettait d'être absolu et sans merci.

La bataille fit rage toute la journée. Des milliers de corps gisaient dans une rivière de sang...Malgré leurs Pierres Magiques, les Humains eurent les pires difficultés à repousser l'assaut Orc et ce n'est que tard dans la soirée que le Roi Orc, Jol'Quaz, rendit les armes, stupéfait par la puissance incroyable de ces pierres...

Un traité de paix fut signé et l'armée humaine annexa le territoire Orc. Jol'Quaz, comme le veut la tradition humaine, eut la tête tranchée et celle ci fut brûlée. Petit à petit, la paix s'installa entre ces deux races pourtant diamétralement opposées en terme de culture, d'économie, de traditions...

- Tout ceci est très intéressant, Kitonos, mais que sont devenues les Pierres après la bataille et quel rapport cela à avec les mouvements de troupes ennemies au abord de nos frontières ? » demanda Tibor, interloqué.

- J'y viens, Tibor, j'y viens. Puis un jour Pavlakis tomba gravement malade. « Puisque nous vivons en paix se dit-il, il faut que j'empêche quiconque d'utiliser ces roches de malheur ! » Et il enferma ces dernières dans un coffret et il le plaça dans un temple. Le vieux roi lança un sort dont il avait le secret pour que personne ne tente d'ouvrir cette boîte. Puis Pavlakis mourra et son jeune fils, comme prévu, monta sur le trône. Il se prénommait Mergaster et était Mage. Lui n'avait pas les mêmes desseins que son défunt père qui était un homme de paix. Mergaster aimait la guerre et avait comme idée d'annexer le peuple paisible qu'était celui de mes ancêtres, les puissants Elfes de la Nuit ! Mais il craignait son armée dotée de redoutables archers. Il voulut voler les pierres de son père mais le sort l'en empêchait, alors il mit à profit tous les pouvoirs que son père lui appris durant de longues années et ce qui devait arriver arriva : tellement de puissance furent déployées pour contrer le sort de protection que le coffret explosa et les pierres furent dispersées dans tout le monde connu ! Mergaster mourut dans l'explosion et plus personne n'entendit parler de ces roches.

Durant des générations, des hommes avides de pouvoirs partirent à la recherche de ces pierres mais aucun ne les trouva...Mais on raconte qu'elles seraient enfouies quelque part dans le Lordaeron...

Quelque chose me dit que les Morts-Vivants se sont emparés de deux de ces « cailloux », celui de Force et, plus inquiétant, celui de Magie...

- Ce qui expliquerait les mouvements de troupes aux abords de nos frontières..., dit Sataria, ils veulent nous attaquer car ils se sentent plus fort ! Mais nous les réduirons en miettes, ces crevards, pouvoir ou pas pouvoir ! , hurle le roi Orc en décrochant son imposante hache de son ceinturon.

- Du calme, mon ami, du calme...N'oubliez pas que trois de ses runes sont encore introuvables...Mes druides sont en train de rechercher où elles pourraient se trouver, mais la tâche n'est pas simple...Peu de livres relatent ce fait et la seule personne qui pourrait nous aider est un descendant de Mergaster et tu le connais bien Tibor, c'est Zerbal...

- Zerbal ?! L'Archimage qui vit en ermite dans les bois de Poldent ! Un descendant de Pavlakis ! Il ne manquait plus que ça ! Personne n'a jamais pu lui soutirer quelque chose de son esprit farfelu et incorruptible ! Et tu dis qu'il saurait où se trouvent ses pierres ?

- On va voir s'il ne vide pas son sac, torturé par mes Grunts ou encore écartelé par mes Kodos !

- Sataria, pour l'amour du ciel, assieds-toi et calme-toi ! s'énerve Kitonos. Tibor, tu es le seul d'entre nous à pouvoir raisonner Zerbal...

- Je sais...mais pour parvenir à son refuge, il faut traverser le territoire Troll... Et en ce moment, le gouverneur de cette communauté, Blodgert, ne laissent personne pénétrer son territoire car des bandes de bandits rebelles hostiles à son pouvoir pillent les villages et je ne veux pas risquer un incident diplomatique...

- AH ! AH ! AH ! Un incident diplomatique ! Tu veux plutôt dire que tu as peur ! Tu es un pleutre, un couard, un poltron !, taquine Sataria .

- Répète si tu l'oses, sale Orc puant ! réplique l'humain .

- Arrêtez bon sang ! La situation est grave ! Tibor, il faut absolument que tu acceptes cette mission... Il en va peut-être de la survie de nos peuples...

- C'est d'accord...Demain, à la première heure, une section de mes meilleurs soldats partira avec moi tenter de parler à Zerbal ! Et je ne reviendrais que quand j'aurais réussi ! Par la Barbe du Grand Nain !
Le lendemain, tôt dans la matinée, le groupe de volontaires était prêt à partir. Il était composé de

Tibor, bien sûr, assisté de son plus fidèle lieutenant, un chevalier nommé Badraf, avec qui il a remporté de nombreuses et retentissantes victoires. La troupe était constituée aussi par une dizaine de Fantassins aguerris, de Tireurs Nains choisis spécialement par Tibor, de Chevaliers d'élite du régiment de Badraf et de quelques Prêtres. Tibor, réticent au début, avait du accepter finalement devant l'instance de Kitonos, qu'un groupe d'Archères et un Druide-Corbeau se joignent à son groupe. Il n'y a pas de troupes mécaniques car trop lentes, elles ralentiraient trop l'expédition. Et il fallait faire vite. Sataria, par orgueil, n'a pas souhaité que des Orcs prennent part à cette campagne.

- Badraf, nous allons prendre le navire avec lequel nous sommes arrivés ; nous redescendrons la rivière jusqu'à la ville agricole humaine de Fertilis. Nous y serons demain dans la matinée. De là, nous irons plein sud vers Havalok, la dernière cité humaine avant le pays Troll. Là-bas, nous discuterons avec le capitaine de la garde de la ville de la façon dont nous allons pénétrer le territoire de Blodgert Le Troll sans se faire remarquer. Le bois de Poldent se trouve non loin de là. Cette forêt est peuplée de créatures peu recommandables, mais nous ferons face...

- Bien chef. Nous sommes prêts à partir.

- Ok . Je vais signaler à Kitonos et Sataria notre départ imminent. Justement les voilà qui arrivent.

- Bonne route, chef Humain...Que les dieux vous protègent, Dit le chef Elfe.

- Merci . Des nouvelles du côté des Morts-Vivants ?

- Oui, malheureusement. Un escadron de Gargouilles a attaqué une de nos villes fortifiées prêt de la frontière. Mais nos Chevaucheurs d'Hippogriffe veillaient, et avec l'aide de nos puissantes Balistes, nous les avons repoussés après une âpre bataille. Nous attendons d'autres escarmouches pour bientôt.

- Mes Grunts enregistrent aussi des mouvements de troupes mais pour le moment rien de très menaçant... Bon voyage Tibor.

- Merci à tous !

Et se tournant vers ses soldats :

- En avant ! Larguez les amarres ! On embarque !

Puis le navire quitta le port de Tahn-Bazoot en direction de Fertilis. A cette époque de l'année, le fleuve est dans sa période de débit moyen. Le retour vers l'Etat Humain promet donc d'être tranquille et agréable pour Tibor et ses soldats.

Pour tuer le temps, les Chevaliers s'occupent de leurs montures, les Archères ajustent leurs arcs et affûtent leurs redoutables flèches, pendant que les Fantassins jouent leur solde aux cartes. L'érudit Druide-Corbeau, pour sa part, s'adonne à son passe-temps favori, la lecture. Quant aux Prêtres, ils discutent de la flore qui pousse le long des berges, radicalement différente de celle qu'ils peuvent étudier en territoire Humain. Tibor et ses Tireurs Nains sont à l'arrière du bateau et tentent de pêcher du Surnex, un poisson à la chair délicieuse et recherchée.

La journée passa donc en toute quiétude. Vint le moment du dîner. Pour donner du moral à ses troupes, Tibor commanda un grand festin à son cuisinier et déboucha les meilleurs vins qu'il avait emportés dans ses cales.

Il prit la parole :

- Soldats ! Demain dans la matinée, nous serons à Fertilis. Nous ne nous y attarderons pas. Nous rejoindrons à pied la ville d'Havalok. Je vous conseille de bien manger et de ne pas vous coucher trop tard. La cachette de Zerbal ne sera pas facile d'accès, croyez-moi ! Levons nos verres à la réussite de cette mission !

- OUAIS ! Vive le Grand Nain Tibor ! crièrent en choeur les soldats.

Comme prévu, le navire accoste à Fertilis, le lendemain dans la matinée. Fertilis est une des plus grandes villes agricoles du pays, elle doit son nom à son sol riche, capable, selon la légende de faire pousser n'importe quelle plante que l'on mettrait en terre.

La petite troupe, à peine descendue sur le quai, se met en route pour Havalok, qui est à une journée de marche. Tibor, de son oeil avisé, remarque que les garnisons postées aux entrées de la localité sont plus importantes que d'habitude. Cela s'explique : le gouverneur de la région Nord a décidé de renforcer la présence de ses soldats dans ses cités par crainte d'attaques des Morts-Vivants.

Quelle n'est pas la surprise des militaires et des villageois quand ils voient leur Chef Suprême traverser l'esplanade de la ville ! Les soldats se mettent au garde à vous, des « Vive le Roi ! » retentissent dans la foule et même des « Bonne réussite pour votre mission ! ». « Les nouvelles vont vite, ici ! » sourit Tibor. Les cris d'encouragement ont mis du baume au coeur aux soldats mais rien ne peut cacher la tension qui se lit maintenant sur leur visage : tous connaissent l'importance de cette mission.

La troupe arrive à Havalok dans la soirée. C'est une cité fortifiée se trouvant à la frontière avec le territoire Troll devenu indépendant depuis l'accord conclu avec les Humains, il y a quelques années de cela.

Tibor prend alors la parole :

- Soldats ! Nous allons nous diriger vers la caserne de la ville. Vous pourrez vous y reposer et vous restaurer. Badraf et moi-même allons avoir une entrevue avec Cassart, le capitaine de la garde. Il nous donnera des renseignements pour trouver Zelbar.

Puis la section traversa la ville et arriva devant la caserne. Un Fantassin gradé les y attend :

- Très heureux de vous rencontrer, Ô Chef des chefs ! Les dortoirs pour vos soldats se trouvent sur votre droite. Quant à vous, Cassart vous attend dans sa salle de réunion. Si vous voulez bien me suivre...

Les deux Humains arrivent devant les bâtiments où logent les officiers. Cassart possède évidemment le plus enviable de tous les habitats de la garnison. Tibor et son lieutenant n'ont donc pas de mal à se diriger vers sa demeure. Le soldat de faction devant la porte du logis du capitaine, à moitié endormi, se met à sursauter à la vue de son souverain. Après une révérence devant ses supérieurs, il rentre avec hâte pour prévenir Cassart. Il revient quelques instants plus tard et leur annonce qu'ils peuvent rentrer.

Les deux Humains se dirigent alors vers la salle de réunion. Cassart et son bras-droit les y attendent :

- Bienvenue, cher souverain. Salut à toi, Badraf ! dit Cassart. J'espère que le voyage n'a pas été trop fatigant ?

- Bonsoir, capitaine. Non, mes hommes sont des durs à cuire ! Mais tu sais pourquoi je suis là...

- Tout à fait. On m'a tout expliqué. Vous savez qu'il est très risqué de pénétrer le Territoire Troll en ce moment...Blodgert a fermé les frontières car des bandits pillent les villages Troll.

- Mais qui sont ces brigands ? demande Badraf.

- Les Trolliens disent que se sont des mercenaires Gobelins à la solde des Humains...

- Des Gobelins ? Nos mercenaires ? s'étonne Tibor, mais c'est impossible ! C'est un peuple pacifique qui possède son propre territoire ! Ils sont indépendants !

- Mais vous savez tout comme moi que Blodgert n'aime pas le peuple Gobelin et son allié principal, c'est à dire nous. Cela fait de nombreuses années qu'il souhaite ne plus commercer avec nous pour vivre complètement indépendamment. Il a trouvé ce prétexte de pillage pour mettre la zizanie entre Humains et Gobelins, car la violation de territoire est contraire à nos lois.

- Mmmh... Si tu le dis...Mais cela m'étonne de la part des Gobelins... Et tu connais une solution pour traverser le territoire Troll jusqu'au bois de Poldent ?

- Oui, je crois. Il vous faudra voyager la nuit ça sera plus sûr. Mais la frontière est très bien gardée. Donc voilà ma solution : une petite croisière en Zeppelin !

- Bonne idée...Mais ce dirigeable, il est de fabrication gobeline, n'est ce pas ?

- Oui, mais c'est le seul moyen de traverser sans encombre ! Vous serez escorté par une escadre de Griffons jusqu'à l'orée du Bois de Poldent. Ensuite, ça sera à vous de jouer.

- C'est d'accord. Nous partirons dès que tout sera prêt. Le temps presse...
Tibor, après une courte discussion avec son lieutenant, décide de partir cette nuit. C'est pourtant la pleine lune, le ciel est sans nuage, le Zeppelin pourrait se faire repérer. Mais Tibor est trop pressé de mener à bien cette mission.

Quelques heures plus tard, au beau milieu de la nuit, les préparatifs sont terminés. Badraf vient sortir de leur sommeil la petite troupe qui goûtait un repos bien mérité. Il explique à ses soldats qu'il faut partir tout de suite. Pendant ce temps, le chef nain fait ses « aux revoirs » à Cassart. Puis Badraf arrive avec la troupe. C'est le moment de l'embarquement.

Le dirigeable s'élève peu à peu, escorté par les Griffons, puis se met en route vers le bois de Poldent. C'est un Fantassin nommé Mathias qui pilote l'engin, car c'est le seul à avoir été formé pour manier ce genre d'appareil volant. Le vent souffle dans le bon sens, Tibor pense qu'ils seront à l'orée de la forêt juste avant le lever du soleil.

Grâce à leur capacité de vision nocturne supérieure à la moyenne, ce sont les Archers Elfes qui surveillent l'horizon ainsi que la terre ferme. Le dirigeable est sous bonne escorte : six Griffons chevauchés par des nains accompagnent les aventuriers.

Soudain, un des Elfes rompt le silence ambiant :

- Chef Tibor ! Nous venons d'entrer en territoire Troll... Tout semble normal...

- Bien, bien... Au moindre mouvement suspect, prévenez-moi !

- C'est entendu, chef !

Au bout de l'horizon, on aperçoit déjà le bois de Poldent. Le voyage se passe normalement, dans la monotonie la plus plate. Seul quelques cris de Griffon et autres volatiles nocturnes viennent perturber la quiétude de l'expédition.

Tout à coup, un Archer posté à l'arrière du Zeppelin s'exclame :

- Chef ! Venez vite ! Des lumières là-bas !

- Des lumières ? s'étonne Tibor

- Oui ! Regardez ! Au niveau des tours Trolliennes postées à la frontière, il y a quelques instants, il n'y avait rien quand nous y sommes passées !

- Mmmh...Regardez, cela ressemble à des signaux codés... Badraf, es-tu capable de déchiffrer ce code ?

- Hélas, les signaux Trolls sont complètement différents de ceux utilisés chez les autres races...
Mais cela ne présage rien de bon...

Soudain, un cri part de l'avant de l'engin volant :

- Chef ! Des points lumineux au sol ! Et ils se multiplient !

- Mais qu'est-ce qu'il se passe ? s'inquiète Badraf

- On nous a certainement repérés, se désole Tibor

- Que pensez-vous que soient ces points lumineux ? demande Badraf.

- Ben, j'espère que ce ne sont pas des...

Et l'Archer n'a pas le temps de finir sa phrase que ces fameux « points lumineux » se rapprochent à vive allure et viennent se planter dans la toile du ballon :

- Des flèches enflammées ! Les Trolls nous ont repérés ! S'ils continuent comme ça, ils vont crever la toile et nous allons nous crasher ! s'écrie l'Archer

- Pas de panique ! dit Tibor pendant que s'abat sur le dirigeable un déluge de flèches, Mathias ! Lâche du lest ! Il faut monter pour se mettre hors de portée ! Fantassins et Chevaliers ! Aspergez la toile de toute la flotte que vous possédez ! Griffons ! Descendez en piqué sur nos assaillants ! Tireurs Nains et Archers ! Tirez sur tout ce qui bouge !

Et aussitôt, les ordres sont exécutés : Archers et Tireurs Nains couvrent l'assaut des Griffons ; les combattants Trolls sont arrosés de flèches et de balles de fusil mais continuent cependant à tirer sur le dirigeable qui s'embrase de plus en plus malgré les tentatives des soldats pour éteindre le feu.

Enfin, les nains montés sur les Griffons jettent avec rage leurs redoutables marteaux et déciment la cohorte Troll. Mais c'est alors que des Trolls sortis d'on ne sait où, sûrement d'un fortin non loin de là, viennent secourir leurs compatriotes et propulsent sur les unités volantes Humaines leurs terribles haches avec une précision diabolique : deux Griffons succombent et trois autres sont blessés. Mais les salves répétées des unités à distance situées sur le Zeppelin finissent par faire fuir les Trolls. Ce n'est pas dans leurs habitudes que de décamper lors d'un combat ; mais ils ont réussi leur coup : le dirigeable est en feu et il ne va pas tarder à s'écraser. Les Trolls n'ont plus qu'à attendre pour le cueillir.

Tibor donne alors l'ordre aux Griffons survivants d'aller raconter ce qu'il s'est passé à Cassart. Il demande au Druide-Corbeau de les suivre. L'Elfe se transforme aussitôt en corbeau et part avec les unités Humaines.

Mathias a de plus en plus de mal à contrôler l'engin qui perd de l'altitude rapidement. Tibor et ses compagnons s'apprêtent à un atterrissage en catastrophe. Quelques secondes plus tard, le dirigeable fini sa course dans une plaine marécageuse qui heureusement amortit le rude choc qu'on reçus les occupants.

C'est un miracle, tous sortent indemnes de l'accident. Les Prêtres n'ont qu'à panser quelques plaies superficielles. Tibor donne l'ordre de s'éloigner au plus vite du Zeppelin et de continuer à pied la route vers Poldent ; la garnison Troll ne va pas tarder à arriver sur les lieux. Pendant leur marche nocturne, le groupe évite les petits villages Troll et avance à travers champ. Tibor est inquiet : arriveront-ils dans le bois avant l'aube ? Voilà qui complique leur tâche déjà ardue.

Soudain, alors qu'ils passent non loin d'une petite localité, Badraf semble distinguer à environ une centaine de mètres, dans la pénombre, un petit groupe armé ; il demande aux Archers s'ils arrivent à deviner qui sont ces gens. Peut-être est-ce une garnison Troll à leur recherche ? Mais ils sont trop loin pour les discerner. Tibor ordonne alors à tous de s'allonger et à un Archer de s'approcher le plus possible de ces individus ; grâce à sa capacité de furtivité nocturne, sa tâche est facilitée. Il revient quelques minutes plus tard :

- Chef Tibor, ce sont des Gobelins qui cherchent à piller ce village car, disent-ils, c'est dans la maison du doyen que se trouverait un parchemin susceptible de les aider dans leur quête...Des Gobelins en territoire ennemi, qui pillent des villages et qui partent à l'aventure, c'est le monde à l'envers !

- En effet, répond Tibor, en grattant sa longue barbe tressée, il y a quelque chose qui m'échappe dans cette affaire... Que recherchent les Gobelins loin de leurs terres ? Agissent-ils tout seul ou sur ordre de quelqu'un ? Mmmh...

- Chef ! Ils attaquent le village ! dit un Archer Elfe.

- Nous allons les stopper, chef ? demande Badraf.

- Non. Nous devons attendre qu'ils aient finit et qu'ils repartent. Nous leur tendrons une embuscade.

- J'espère qu'ils ne vont pas trop tarder. On aperçoit les premières lueurs du soleil... s'inquiète le lieutenant Chevalier.

- Je sais...Mais eux non plus ne vont pas trop s'attarder pour les mêmes raisons que nous...

L'assaut du bourg ne dura pas longtemps. Mais assez pour que Tibor et ses compagnons se mettent en position. Les Gobelins semblent avoir trouvé ce qu'ils voulaient. Leur chef tient dans la main ce qui ressemble à un morceau de parchemin et il a l'air heureux. Ses hommes ont l'air épuisé par la nuit qu'ils viennent de passer. Le combat ne sera que plus facile.

A ce moment, Tibor fait un signe aux Archers et aux Tireurs Nains planqués dans les buissons. L'effet de surprise est total : en quelques secondes, la moitié de la troupe tombe sous une pluie de projectiles meurtriers. Puis les Fantassins achèvent rapidement les survivants dans un assaut rangé qui ne donne le temps à aucun des Gobelins pour se défendre. Seul leur chef a été épargné. Tibor s'approche de lui et lui prend le parchemin :

- Pour qui travailles-tu ? Pourquoi ce bout de parchemin a-t-il autant d'importance pour toi ? Que cherches-tu ? Réponds !

- AH ! AH ! AH ! Et tu crois que je vais te répondre, à toi, sale Humain !

- Parle ou tu vas souffrir !

Mais soudainement, le Gobelin sort son épée et se tranche la gorge devant tout le monde. Il s'écroule sans vie.

- AAAH ! Salopard ! Que nous cachais-tu d'aussi important ?

- Chef, nous ne pouvons plus rien pour lui... Vite il faut partir, nous allons nous faire repérer... Le Bois de Poldent est à une heure de marche. Zelbar nous donnera peut-être la solution à cette énigme, qui sait... dit Badraf.

- Encore faut-il le trouver...rétorque le Nain. Allez en route, d'autres aventures nous attendent !
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